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dimanche 25 avril 2010

Contenus et programmes scolaires : comment lire les réformes curriculaires ? (INRP)

Auteur : Olivier Rey
Veille scientifique et technologique (INRP), Dossier d'actualité n° 53
04.2010



La notion de curriculum est mal connue en France. Il convient de ne pas la réduire aux seuls programmes d’enseignement. Le curriculum englobe tout le processus d’enseignement  depuis les objectifs et les contenus jusqu’à l’évaluation, en passant par les pratiques pédagogiques mises en œuvre pour parvenir aux apprentissages. 

Clermont Gauthier, Steve Bissonnette et Mario Richard sont partisans d’un “alignement curriculaire” qui « vise à assurer une correspondance élevée entre le programme prescrit, l’enseignement réalisé et l’évaluation effectuée (…).
Première étape
: Définir le plus clairement possible les apprentissages qui doivent être maîtrisés. Il s’agit d’identifier les connaissances ou les compétences désirées. (…) Cette première étape permet de clarifier le programme, de le concrétiser, voire de le matérialiser, afin de faciliter son enseignement et éventuellement, son évaluation.
Deuxième étape
: Planification de séquences d’apprentissage qui permettront aux élèves d’acquérir les connaissances visées et de développer les compétences prévues par le programme.
Troisième étape
: L’évaluation permet de juger le degré de maîtrise des connaissances, le niveau de développement des compétences que les élèves ont acquises à la suite des expériences d’apprentissage effectuées en salle de classe. L’évaluation porte sur ce qui a été enseigné, c’est-à-dire sur ce qui a fait l’objet d’apprentissage en salle de classe. L’évaluation (…) ne comporte aucune surprise, aucun piège pour l’élève, car toutes les tâches demandées en situation évaluative sont reconnaissables et congruentes avec, d’une part, ce qui a été enseigné en classe (…) et, d’autre part, avec le programme prévu (…) En somme, les contenus prescrits par le curriculum doivent être ceux qui sont enseignés en classe et, ultérieurement, seulement ceux qui seront objet d’évaluation. »


La Pédagogie Explicite s’intéresse de près au curriculum et veille, pour plus d’efficacité dans l’enseignement, à mettre en œuvre cet indispensable alignement curriculaire.

Notons par ailleurs, dans cette étude, une indication très intéressante : « De nombreux travaux sur le rapport au savoir ont également souligné les “malentendus” qui peuvent amener l’école à négliger l’appropriation par les élèves de la logique cognitive permettant de relier les tâches et exercices scolaires, d’une part, et les savoirs et notions à acquérir, d’autre part. Avec la meilleure volonté d’amélioration de leur enseignement, des enseignants, en voulant s’éloigner du cours magistral frontal pour un enseignement plus inductif, négligent l’explicitation des règles de l’apprentissage : quelle notion on veut “apprendre”, quel mécanisme on veut “comprendre”, à quoi sert l’exemple utilisé… Or, ce sont les enfants des catégories populaires, les plus éloignés de cette logique cognitive implicite, qui souffrent le plus de cette négligence en travaillant parfois “à côté” des enjeux d’apprentissages visés, en confondant le moyen (voire le détour) pédagogique avec l’objectif d’acquisition d’un savoir. »

Il s’agit bel et bien alors d’entrer dans la Pédagogie Explicite…

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