Translate

lundi 25 janvier 2010

L'apprentissage du métier d'enseignant (INRP)

Auteur : Annie Feyfant
Lettre d'information de la veille scientifique et technologique
INRP - Dossier d'actualité n° 50

01.2010



Être  enseignant, c’est d’abord transmettre des connaissances et des habiletés. Mais c’est aussi « être capable de réfléchir sur sa pratique, savoir se remettre en cause, savoir remettre en cause son savoir-faire, ses savoirs disciplinaires et ses convictions culturelles ». 

En France, la formation professionnelle des enseignants a été confiée aux IUFM depuis la loi Jospin de 1989. Ceux-ci ont « soulevé de nombreuses critiques, notamment de la part de certains stagiaires, qui ont du mal à percevoir l’utilité d’une formation jugée trop théorique, trop éloignée de leurs préoccupations au quotidien, ou qui ont des doutes sur la légitimité et l’efficacité des formateurs et qui, par ailleurs demandent plus de stages de pratique professionnelle ». « En 2006, la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) du ministère de l’Éducation nationale publiait les résultats d’une enquête similaire, auprès des enseignants du premier degré. Les enseignants passés par l’IUFM sont sévères : 75 % qualifient la formation de 2e année d’insuffisante ou très insuffisante : manque de conseils pour gérer les situations difficiles, manque d’échanges avec des pairs en poste, manque d’analyses de pratique professionnelle, brièveté des stages en responsabilité. Les stages ne satisfont pas pleinement les enseignants, tant dans leur préparation (44 % insatisfaits + 25 % sans préparation), que dans leur exploitation (55 % insatisfaits + 15 % expérience non exploitée) ». Ces critiques nous semblent tout à fait fondées. 

Mais le discours anti-IUFM s’est réduit, au fil des ans, à un refus de la professionnalisation de l’enseignant. Ce qui, à nos yeux,  est une erreur grave. En effet, l’introduction du document le rappelle : « Toute réflexion sur la formation des enseignants peut s’appuyer sur la question suivante : « le métier d’enseignant peut-il s’apprendre ? » et, si la réponse est positive, doit interroger les modalités et contenus de cet apprentissage. » Et considérer l’articulation essentielle entre la pratique professionnelle et les apports théoriques. 

Nous avons besoin d’« une formation à un métier, articulant savoirs théoriques, savoirs académiques des disciplines et savoirs d’exercice du métier. Les savoirs théoriques doivent toujours être en lien avec la pratique, s’adaptant aux circonstances et aux niveaux d’enseignement, donnant des points de repères pour que le futur enseignant réfléchisse sur sa pratique, puisse la changer et faire évoluer ses compétences. »

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Les commentaires reçus n’ont pas tous vocation à être publiés.
Étant directeur de publication de ce blog, seuls les textes qui présentent un intérêt à mes yeux seront retenus.