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dimanche 25 octobre 2009

La revalorisation du métier d’enseignant (Assemblée nationale)

Une politique prioritaire au service de la réussite des élèves

Auteur : Dominique Le Mèner
Avis présenté au nom de la Commission des affaires culturelles et de l'éducation sur le projet de loi de finances pour 2010
Tome IV : Enseignement scolaire
Assemblée nationale
10.2009



Ce document de 80 pages est divisé en deux parties. La première évoque la revalorisation du métier d’enseignant qui est qualifiée de « politique prioritaire », tant il est vrai que ce métier est de moins en moins attirant. Ainsi 6 enseignants sur 10 disent ressentir eux-mêmes ce « malaise » dans leur profession. La moitié des professeurs des écoles souffrent de la dégradation de leur image dans la société, 6 sur 10 se plaignent du comportement des élèves (indiscipline et démotivation), et 3 sur 10 ne recommanderaient pas le métier alors qu’ils l’auraient fait par le passé. Comme le dit le rapporteur : « Ce sentiment reflète une réalité : les élèves ont changé depuis 25 ans et cette évolution impose aux enseignants de mettre en œuvre, ce que n’exigeaient pas les classes homogènes d’antan, des dynamiques pédagogiques individuelles et collectives. »

Pourtant la proportion des diplômés de l’enseignement supérieur a considérablement augmenté parmi les professeurs des écoles : « Ils sont actuellement plus d’un tiers à posséder une licence, 12 % une maîtrise (25 % pour les jeunes de moins de 25 ans) et 4 % possèdent un diplôme égal ou supérieur à bac + 5 ».

La revalorisation du métier passe par une nécessaire et indispensable augmentation des revenus. À ce propos, on apprend que le taux de promotion à la hors classe est fixé à 2 % pour les professeurs des écoles… alors qu’il est de 7 % pour les certifiés et les agrégés. Pourtant le mérite des premiers n’est pas moindre, loin s’en faut.

Le problème posé par l’absence de statut pour les directeurs d’école est aussi abordé. Ces derniers n’ont aucune autorité hiérarchique sur leurs pairs enseignants du Primaire. Le rapporteur propose très clairement d’en faire des chefs d’établissements et donc de créer pour eux un statut spécifique. À mon sens, le pire comme le meilleur peut résulter d'un tel changement. Je souhaite que ce soit le meilleur, notamment au plan de la cohésion pédagogique, mais je redoute qu'une fois encore ce soit le pire qui arrive, en plaçant les enseignants de chaque école sous la tutelle des élus locaux et des parents d'élèves.

La seconde partie du document est le compte rendu de l’audition par la Commission du ministre Luc Chatel. Ce dernier reste très prudent sur les dossiers qu’il vient de prendre en charge. Notons qu'il se félicite de la réforme du Primaire engagée par son prédécesseur. On lui pardonnera de commettre une erreur classique en confondant école maternelle et école primaire, alors que celle-ci concerne aussi l’école élémentaire.

Au total, un document intéressant qu’il faut lire ou, pour les plus pressés, parcourir.

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