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jeudi 27 novembre 2008

La situation éducative de la France comparée à celle d'autres pays de l'Union européenne ou de l'OCDE (MEN-DEPP)

Auteurs : Claude Sauvageot et Nadine Dalsheimer
Éducation et formations, n° 78
11.2008



Cet article rappelle un certain nombre d’éléments concernant l’enseignement primaire que nous connaissons déjà, mais qu’il est bon de répéter.

Ainsi, avec une dépense par élève dans le primaire s’élevant à $ 5 365 en 2005, la France se situe nettement en dessous de la moyenne de l’OCDE ($ 6 252) et de l’Union européenne ($ 6 055). Elle dépense beaucoup moins que les États-Unis ($ 9 156), le Japon ($ 6 744) et l’Italie ($ 6 835).

De plus, le ratio élèves/enseignants apparaît relativement élevé en France pour le premier degré (19,3 en 2006, contre une moyenne OCDE de 16,2 et UE de 14,5).

De même, un enseignant du primaire donne en France plus d’heures d’enseignement que la moyenne OCDE ou de l’Union européenne (910 contre 812 ou 806).

Enfin, la comparaison des salaires bruts des enseignants en début de carrière, après quinze ans d’exercice, et à l’échelon maximum, fournit des informations sur les profils de carrière offerts dans les différents pays. En France, les enseignants débutants du primaire perçoivent un traitement inférieur à la moyenne des pays de l’OCDE. Par contre, leur salaire maximal est proche de la moyenne des pays de l’OCDE et équivalent à un peu moins du double de celui des enseignants débutants.

Sur le plan des résultats obtenus, prenons la capacité de lecture des enfants (reading literacy). Celle-ci a fait l’objet en 1991 d’une enquête dans une trentaine de pays de l’OCDE. Pour la population des 9-10 ans, la France figurait dans le groupe de tête, en compagnie de l’Italie et de la Nouvelle-Zélande, juste derrière la Finlande, les États-Unis et la Suède. Pour les élèves de 14-15 ans, la France se classait deuxième derrière la Finlande. En juin 2001, l’enquête PIRLS (Progress in International Reading Literacy Study) évaluait auprès de jeunes enfants d’une trentaine de pays « l’aptitude à comprendre et utiliser les formes du langage écrit que requiert la société ou qui sont importants pour l’individu ». Les élèves de CM1 évalués en France obtenaient un score plus nettement supérieur à la moyenne internationale, mais dans un rang médian parmi les pays comparables. Reconduite en 2006, cette enquête a porté cette fois sur 45 pays dont 21 pays européens. Si la France se situe au-dessus de la moyenne de l’ensemble des pays, elle se retrouve significativement en-dessous de la moyenne des pays européens. À partir de 2000, l’OCDE a mis en œuvre le programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) qui vise à évaluer dans quelle mesure les jeunes de 15 ans sont « préparés à relever les défis de la société de la connaissance ». Contrairement à d’autres enquêtes internationales, l’évaluation PISA n’est pas directement liée aux programmes scolaires. Menée tous les trois ans, elle couvre trois domaines : la compréhension de l’écrit, la culture mathématique et la culture scientifique. En mai 2000, l’ensemble de la génération de 15 ans a fait l’objet d’un premier cycle d’évaluations, d’abord centrées sur la compréhension de l’écrit : capacité à s’informer, interpréter et réagir à partir de différents textes. Le score de la France se situait un peu au-dessus de la moyenne internationale, avec un net avantage pour les élèves ayant déjà atteint le lycée. Cette situation a été pour l’essentiel confirmée lors de l’enquête PISA 2003. Cependant, en 2006, on observe une baisse significative des performances des jeunes Français. Cette évolution inquiétante observée en particulier en lecture va dans le même sens que celle observée dans les enquêtes françaises.

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